cdt Pierre Mesnil

Pierre Mesnil est né à Drucourt, le 9 décembre 1880. Il était le plus jeune fils de trois garçons Aprés des études secondaires à Paris, il choisit la carrière militaire pour s’engager le 28 décembre 1898.Reçu en mars 1902 à l’école militaire d’infanterie de Saint Maixent, il sortit officier de cette école en 1903.De 1911 à 1914 il a été en Algérie et au Maroc à la tête d’une unité de légion étrangére. Il participa à la campagne du Maroc sous les ordres de Liautey.

Pierre Mesnil fit toute la guerre de 1914 1918 sur le front français, dans la légion étrangére, puis au 412 iéme régiment d’infanterie. Promu capitaine en décembre 1914, puis chef de bataillon en décembre 1918. Il reçoit la croix de guerre avec huit citations pour sa valeur militaire.

Du Caucase à la Cilicie, c’est le pays des Arméniens. Ils habitaient là depuis très longtemps, lorsque les Turcs sont arrivés, au 11ème siècle. Aidés par les vainqueurs, ils rêvent de refaire la Grande Arménie. La Ligue des Nations demande à la France de les aider à implanter une colonie en Cilicie.
La France a depuis très longtemps de bonnes relations avec les Turcs et les Arméniens. A l’Assemblée Nationale, les députés acceptent cette mission qui a obtenu l’accord de tous, y compris du Sultan. Ils votent un budget qui tient compte de la situation économique de la France, et des besoins restreints de la Cilicie: quelques soldats pour maintenir l’ordre pendant qu’on recrute sur place des gendarmes et qu’on remet l’agriculture en marche.
Ce sont des soldats de la classe 18 (nés en 1898) qui partent de métropole, d’Afrique Noire ou du Maghreb. Au début, tout se passe bien. Mais peu à peu les Turcs relèvent le tête. Ils n’acceptent pas la présence des troupes étrangères sur ce qu’ils considèrent comme leur territoire. De plus, le retour des Arméniens, mal préparé, les inquiète. Un général encore peu connu, Mustapha Kemal, prend la tête du soulèvement. Et c’est contre des Français trop peu nombreux, peu équipés et désemparés, incapables de protéger les civils Arméniens, qu’il gagne les premières victoires de la Guerre d’Indépendance.

Dès le retour des Arméniens dans leur pays natal, des désordres étaient à craindre et en prévision de cette éventualité les Puissances s’étaient réservé le droit d’envoyer des troupes, surtout dans les zones d’où, selon les termes de l’armistice, les forces turques devaient se retirer. Ces zones étaient celles d’Adana, d’Aïntab et de Marache. Des forces anglaises d’abord s’installèrent un peu partout et au mois d’octobre 1919 un pacte fut signé en vertu duquel, à l’expiration de ce mois, en Syrie et en Cilicie, les forces anglaises devraient être remplacées par des forces françaises.

Le commandant Mesnil, chef du 2ème Bataillon du 412ème RI, le Capitaine de Fourquet et le Capitaine Mazière, en mai 1919 à Laon (Aisne)

Après l’armistice du 11 novembre 1918, il se reforme à Vivaise près de Laon en avril-mai 1919. C’ Le départ pour le Levant est annoncé, bien qu’encore incertain. L’ordre de bataille est arrêté, les officiers sont nommés, les soldats leur sont affectés. Le Régiment est commandé par le Lieutenant-Colonel Thibault. Les Commandants Allemand, Mesnil et Roze des Ordons sont respectivement chefs des 1er, 2ème et 3ème Bataillons.
Enfin, debut juin, le régiment descend à Sorgues (prés d’Avignon) , ci contre le codt P Mesnil en gare de Dijon

le régiment embarque le 19 juin sur le bateau Imperator Pierre Legrand , et mouille devant Mersine ( Turquie) le 25 juin à 6 H 30, les troupes débarquent à partir de 10 H. Le régiment est accueilli par le Colonel Philipin de Piépape, Commandant des Troupes Françaises du Levant (TFL) et le Colonel Brémond, administrateur en chef de la Cilicie.

Très rapidement, des ordres sont donnés pour commencer à répartir le Régiment sur l’ensemble du territoire et organiser sa vie.
Cependant, tout le monde n’a pas pu embarquer sur l’Imperator Pierre Legrand. Le 14 août, le vapeur Guardiana débarque la 7
ème Compagnie et la demi 6ème restées à Sorgues. Au total, 3 officiers et 250 hommes.
Le 21 août, débarquement de 9 officiers et 307 hommes appartenant au 412
ème RI, 16 officiers et 372 hommes appartenant au 409ème RI dont le commandant Mesnil qui prend ses quartiers avec le deuxiéme bataillon qui lui est affecté à Belemedik. le 1 Décembre 1919 , le 2iéme bataillon comprend 20 officiers, 663 hommes de troupes 52 chevaux,154 mulets et 25 voitures ; l’état major quant à lui est cantonné à Adana.

Le Général Dufieux arrive le 2 décembre 1919 à Adana. Voici comment il a compris sa mission: Les instructions écrites et verbales qui devaient me guider, lorsque j’arrivai à Adana, le 2 décembre 1919, pouvaient se résumer ainsi:
– desserrer dès que possible le Contrôle Administratif en Cilicie, jugé trop rigoureux, trop voisin de l’administration directe,
– établir progressivement un Contrôle Administratif sur les Territoires de l’Est, mais plus allégé, chercher la collaboration étroite avec les éléments musulmans, particulièrement avec les Turcs, en faisant valoir la concordance des intérêts Français et des intérêts Ottomans,
– relâcher, au contraire, les liens qui unissaient les autorités Françaises aux organisations Arméniennes, dont le développement et les prétentions étaient jugés dangereux,
– tenir, en un mot, la balance égale entre les diverses races et religions.

En janvier 1920, le Commandant Mesnil reçoit l’ordre de transférer ses troupes soit 800 hommes à 15 km de là, à Bozanti (aujourd’hui Pozanti), dont la situation géographique est plus stratégique dont il est chargé de défendre le poste frontière .Il avait eu l’autorisation d’emmener sa femme avec lui, les autorités françaises ne prévoyant pas de combats.Aucune menace particulière ne pesait sur ce secteur et la mission du cdt Mesnil était de relever les troupes anglaises et ‘occuper et controler le secteur Pour controler Bozanti et la région du taurus , Mesnil dispose de la 6 et è ieme compagnie du2iéme bataillon du 412 iéme régiment d’infanterie , auquel s’ajoute la 2 iéme compagnie du 18 iéme régiment d’artillerie ainsqi u’une section de génie. Son PC était situé à Bozanti même et les utnités étaient échelonnées dans différents postes le long de la voie ferrée de Chifta khan à Kebelek.

Le 2 avril, les forces kémalistes passent à l’offensive profitant de conditions météorologiques execrables et isole Bozanti . Seule subsistait la communication aérienne qui ne pouvait qu’être épisodique et difficile dans un tel contexte.

Bozanti resite bien du fait de sa garnison plus forte, mais les petits postes aux alentours tombent les uns aprés les autres, kadir khan le 3 avril, Kebelek le 7 avril , le poste de ………doté d’un hopital .est abandonné le 9 avril laissant Mme Mesnil et 20 blessés prisonniers des forces ennemies.Ces derniers font savoir au commandant Mesnil qu’ils la menacent sur la personne de son épouse s’il ne dépose pas les armes. Mesnil refuse. Sa force d’âme et celle de son épouse en imposent à leur adversaire.

Du 17 au 20 mai , une tentative pour dégager Bozanti est tentée.

Le 29 mai aprés avoir repoussé de nombreuses attaques, meurtrières de part et d’autres, le Cdt Mesnil recevait par avion le message suivant : « les colonnes de secours n’ont pu percer la ligne d’investissement pour aller vous délivrer, nous ne pouvons plus rien, essayez de faire la sortie de Bozanti en evitant les portes de Cilicie ou se trouve le gros des forces turques » .

Aprés une attaque à la fois violente et meurtière, le bataillon resussit à percer la ligne ennemie et marcha ensuite en combattant pendant deux jours et deux nuits sous la conduite de deux guides peu sûrs et avec une carte anglaise très incompléte. Le troisiéme jour, les turcs ayant rejoint la colonne, celle ci forma le carré et se défendit tragiquement jusqu’à épuisement des munitions…..Le commandant fait le point sur ces effectifs :

Valides : 246
Blessés : 88
Manquants : 384

La situation étant des plus désespérée, il décide de parlementer avec l’ennemi, les Turcs signérent des Conditions qui ne furent d’ailleurs pas respectées, mais en signe d’admiration pour cette troupe héroique, ils autorisérent son chef à garder son sabre. Le lendemain, il retrouve 6 hommes le matin et 77 autres le soir, dont 40 sont blessés.
Par la suite, le Commandant Mesnil note chaque décès en captivité. Mais combien de blessés sont morts au cours de tous les déplacements entre le lieu de la reddition et le lieu de captivité?310 blessés avaient été ramenés par Mme edwige Mesnil à l’hopital de Belemedik , cependant Il est estimé que sur plus de 800 soldats de son régiment, une soixantaine en sont revenus, les autres étant morts au combat, égorgés, morts de mauvais traitements et de privations et de maladie, qui durèrent d’avril 1920 à novembre 1921… Quasiment chaque jour mourrait (aient) un ou plusieurs camarades.

Le Commandant Mesnil, le plus gradé des prisonniers français, a fait partie du premier groupe de 46 prisonniers libérés dès le 25 septembre 1921, dans le cadre de l’accord d’Angora , les autres prisonniers seront libérés entre le 28 octobre et le 1er novembre. Dans sa note, datée du 20 septembre 1921 le Commandant donne quelques précisions sur les conditions de détention de ses soldats dans les camps de Talas et Nigde ou Bozanti :

Talas (10 km de Césarée):
Officiers: Capitaine Jousse )
Lieutenant Contrevillier ) du 412
e RI
Sous-Lieutenant Fourest du 17
ème RTA
Sous officiers et hommes de troupe: 586
Nidge :
19 Tirailleurs indigènes
Bozanti: 4 n’ont pu être vus au passage

Plus loin, il explique: Malgré le manque absolu de nouvelles de leurs familles jusqu’en novembre 1920, le très mauvais état de l’habillement, la nourriture insuffisante, mal préparée et peu appétissante, le moral des hommes se maintint très bon.Au point de vue physique, les prisonniers restant à Talas ne sont guère en meilleure santé que ceux qui ont été rapatriés. Ils sont en grosse majorité paludéens, très anémiés, incapables d’un effort quelconque.Le Commandant Mesnil fait par ailleurs remarquer que les prisonniers français étaient mal nourris, mais de la même manière que les soldats turcs.

Durant ce temp, en 1921, le calme est revenu en Cilicie. Les négociations sont en cours. Les Français sont d’accord pour partir, mais ils attendent des garanties pour les Arméniens, les Grecs, les Turcs qui se sont réfugiés près d’eux, et la libération de leurs prisonniers.

Le cdt Mesnil fut nommé officier de la Légion d’Honneur avec deux citations supplémentaires. Ayant repris le service actif , mais atteint de malaria , le 23 juin 1924, Pierre Mesnil meurt à Coblence (Allemagne)

Mme Edwige Marie-Antoinette Mesnil, ( née Aubry à Dun Sur Meuse le 8 juin 1881) femme du commandant, était infirmière dans le Nord de la France durant la grande guerre. Elle a continué d’exercer son métier àl’hopital de Belemedik, près de Bozanti, où elle faisait équipe avec le médecin de la garnison et un jeune médecin arménien. Prisonnière avant son mari, Madame Mesnil a su inspirer le respect de tous par son courage.Les soldats français ont demandé la Légion d’Honneur pour elle. Son dévouement fut effectivement récompensé par l’octroi de la croix de chevalier de la Légion d’honneur.

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