Saint Robert ,patron de Drucourt

Saint Robert, abbé de Molesme, XI et XII siècle est le second patron de notre église ,en effet ;  notre paroisse est sous le vocable de la Vierge sous le nom de Notre Dame de Drucourt ainsi que le révèle le sceau paroissial. Saint Robert a la réputation dans notre commune de guérir des migraines et de toute les maladies de tête, notamment de la teigne. On nous assure qu’on va également l’invoquer contre la calvitie, et l’on nous offre de nous prouver que deux ou trois importants de notre région en 1880 ne devaient leur forte chevelure qu’a l’intercession de saint Robert.

Notre bienheureux fut également choisi comme patron de notre charité. C’est de ce fait dont découle sans doute notre fête patronale le 29 avril mais qui se célèbre le premier dimanche de Mai.

Mais rappelons nous , qui était Saint Robert, en voici donc la biographie officielle. selon Le Nain, tirée de l’ histoire de Cîteaux, tome I , ainsi que de Vita S.Roberti, abbatis molismensis, auctore monacho molismensis sub adone, abb.saec. XII ; Exordium Cisterciensis Cenobii ; Cuignard , les monuments primitifs de la régle cistercienne ( Dijon 1878)

Saint Robert naquit en Champagne, l’an de J.C. 1017,  ( d’autre indique 1029)sous le règne du pieux roi de France, qui portait le même nom que lui. Son père se nommait Thierry et sa mère Ermengarde. Tous deux étant riches des biens du ciel et de ceux de la terre, donnèrent à leur fils une éducation chrétienne et convenable à sa naissance. Robert sentit de bonne heure que Dieu demandait de lui de grandes choses ; et désirant de correspondre à ses desseins, il ne voulut point s’engager dans un air aussi contagieux qu’est celui du monde, et ne pensa qu’à se consacrer à Jésus Christ dans la retraite. A l’âge de quinze ans, il entra dans le monastère de Saint Pierre de Celles,(Montier la celle)  situé près de Troyes où il prît l’habit, et embrassa toute l’austérité et toute la pénitence dont les plus zélés lui donnaient l’exemple. Bientôt, il devînt lui même leur modèle ; et le progrès qu’il fit dans la vertu, fût si rapide, qu’ils l’obligèrent d’être leur supérieur.

Robert s’acquitta de cette charge avec beaucoup de prudence et de lumière, et répondit entièrement à l’opinion qu’on avait conçue de sa sagesse. Mais lorsqu’il ne pensait qu’à se donner tout entier à l’instruction de ses frères, les Religieux de Saint Michel de Tonnerre, qui vivaient sans pasteur et dans le désordre, paraissant touchés d’un sincère repentir, vinrent le trouver et l’engagèrent à se charger de leur conduite.  Ainsi en 1068, il succéda à Hunaut, deuxiéme du nom, comme abbé  de St Michel de Tonnerre dans le diocése de Langres. Comme il voyait beaucoup de bien à faire, le Saint consentit à ce qu’ils demandaient de lui, à condition que s’il ne trouvaient pas en eux la docilité et l’obéissance qu’il lui promettaient, il les quitterait. Les commencements furent assez favorables ; mais l’ivraie était trop multipliée, surmonta le bon grain ; et Robert voyant qu’il perdait son temps et sa peine à redresser ces religieux indisciplinés, retourna à son monastère en 1071 de Montier la celle  et dirigea également le prieuré d ‘Ayoul de Provins .

Quelques temps après  en 1074, le Saint fût obligé, par le Pape  Gregoire VII lui même, de gouverner le monastère de Colane en Champagne., et il y fît beaucoup de bien. Mais quand il eut vu que la Règle y était solidement établie, et que d’ailleurs la Communauté ne pouvait contenir qu’un très petit nombre de Religieux, parce que le lieu était fort resserré, il se retira à Molesme, en 1075, dans le diocèse de Langres. Plusieurs autres religieux voulurent être les compagnons de sa retraite. Ils se bâtirent un oratoire et de pauvres cabanes ; et Saint Robert fut fait Abbé de cette petite communauté, qui a donné naissance dans la suite au célèbre Ordre de Cîteaux.

La vie de ces saints religieux était un hommage continuel qu’ils offraient à Dieu nuit et jour, lui immolant sans cesse leurs corps par les austérités de la pénitence, et leurs cœurs par le feu de l’amour divin, et par le sacrifice d’un esprit contrit et humilié. Leur pauvreté était si grande, qu’ils manquaient souvent de pain, et qu’ils étaient obligés de se contenter pour toute nourriture des légumes qui croissaient dans leur désert.

En 1082, Bruno, écolâtre de Reims, se plaça sous sa direction avant de fonder l’ordre des chartreux. Le 29 novembre 1095, le pape Urbain II confirme l’institut de Molesme.

Heureux s’ils eussent toujours vécu dans cette indigence des biens de la terre, qui les rendit si riches pour le Ciel ! Mais quelques personnes de piété touchées de leur état, leurs offrirent plusieurs donations avantageuses . Les Moines les acceptèrent et l’abondance fit tomber la communauté dans le relâchement. Il n’y eut rien que Saint Robert ne fît pour obliger ses frères à rentrer dans leur devoir : mais le temps des miséricordes du Seigneur n’était pas encore venu pour eux. Enfin, après environ vingt ans, quelques uns de ces Moines firent de sérieuses réflexions sur leur état. Ils eurent honte de voir que leur conduite fût si opposée à la Règle de Saint Benoit, dont ils faisaient néanmoins profession , et qu’ils entendaient lire tous les jours en Chapitre. Ils se communiquèrent leurs pensées, se repentirent de leur infidélité, et enfin cherchèrent sincèrement à y remédier. Les autres moines qui n’étaient pas également touchés, ayant entendu parler de ces projets de réforme, se moquèrent de ceux qui les avaient conçus, et employèrent toute force de moyens pour tâcher d’en empêcher l’exécution. Les zélés, sans s’en mettre en peine, demandaient à Dieu par de ferventes prières de les conduire en quelque lieu où ils puissent fidèlement accomplir leurs vœux. Mais considérant que la Règle défend de rien faire sans la permission de l’Abbé, ils s’adressèrent à Robert qui loua leur dessein, et leur promit non seulement de les aider mais de se joindre lui même à eux.

Pour ne rien faire que par l’autorité des premiers supérieurs, l’Abbé Robert avec six moines des plus fervents, alla à Lyon trouver l’archevêque Hugues, légat du Pape et lui dit qu’ils étaient résolus de pratiquer exactement la Règle de Saint Benoit, et qu’ils venaient lui demander son secours et la protection du Saint Siège, et en particulier la permission de sortir de Molesme, où ils ne pouvaient exécuter leur dessein. Le Légat leur permit ce qu’ils demandaient et loua leur sainte résolution.

Robert et ses compagnons étant donc retournés à Molesme, parlèrent de leur dessein avec plus de liberté qu’auparavant, et il y en eut quatorze autres qui se joignirent à eux ; en force qu’ils sortirent du monastère au nombre de 21. Ils allèrent s’établir dans un lieu nommé Cîteaux à cinq lieues de Dijon; dans le diocése de Chalons. C’était un désert couvert de bois et d’épines, dont la vue seule aurait fait horreur à tout autre qu’à des âmes remplies de l’esprit de pénitence. Nos saints moines n’en furent point effrayés. Ils ne cherchaient qu’à s’ensevelir tout vivant dans le désert avec Jésus Christ, et à mourir au souvenir des honneurs, afin de ne vivre plus que pour Dieu. Ils s’appliquèrent à défricher la terre, et ils bâtirent des cellules de bois pour se loger, après en avoir obtenu la permission de Gautier, évêque de Chalons et de Raymond, vicomte de Beaune, à qui la terre appartenait.

Ils s’y établirent le jour de Saint Benoit, vingt unième de Mars 1098. L’archevêque de Lyon voyant leur extrême pauvreté et considérant qu’ils ne pouvaient subsister dans un lieu si stérile, sans quelques secours étranger, écrivit à Eudes, duc de Bourgogne, pour l’engager à leur faire du bien. Ce prince, touché de leur ferveur, acheva à ses dépens le bâtiment du monastère de bois qu’ils avaient commencé et les y entretint longtemps de toutes les choses nécessaires. Il leur donna même abondamment des terres et des bestiaux. Mais Saint Robert qui avait été fait abbé de ce nouveau monastère représentait souvent à ses religieux que s’ils devaient rendre grâce à Dieu, qui n’abandonne point ceux qui ont recours à lui, ils devaient être encore plus attentifs à demander à Dieu la grâce d’user si saintement des biens temporels, qu’ils se perdissent point ceux qui sont éternels. Il leur disait, qu’étant chrétien, ils devaient se contenter de peu, et que menant la vie de pénitent, ils étaient obligés de se retrancher encore de ce peu, tant pour pratiquer la mortification, que pour avoir de quoi soulager les pauvres. Il leur rappelait les désordres que l’abondance avait occasionné à Molesme , et il leur faisait justement craindre de tomber dans un semblable malheur.

Pendant que Saint Robert, plein de l’esprit de Dieu, s’efforçait ainsi de le communiquer à ses frères ; ceux de Molesme honteux de leurs désordres et souhaitant de reprendre la régularité, le redemandèrent pour abbé. Ils s’adressèrent au Concile qu’Urbain II tenait à Rome en l’an 1099 et ils firent tant d’insistance, que le pape écrivit à l’archevêque de Lyon de renvoyer Saint Robert à Molesme, si cela était possible. L’archevêque ne voulant rien déterminer par lui même , assembla un concile, où il fût conclu que le plus grand bien paraissait demander que Robert se rendit aux sollicitations des moines de Molesme, et que la charité voulait que l’on écoutât les prières de ces brebis égarées, qui demandaient avec tant de larmes à rentrer dans le bercail.

Saint Robert croyant donc que c’était la volonté de Dieu , revint à Molesme, où il fût reçu avec une grande joie ; mais son cœur était toujours à Cîteaux. Il y pensait jour et nuit : la consolation et la paix dont il y avait joui l’occupaient sans cesse, et il souhaitait ardemment de pouvoir rompre les chaines que le tenaient captif à Molesme ; car quoique la Règle fût rétablie dans ce monastère, quoique Robert y vît la vertu aimée et pratiquée par la bénédiction que Dieu donna à ses soins ; cependant lorsqu’il en comparait la vie avec celle qu’on menait à Citeaux, celle de Molesme ne lui paraissait presque rien. Il cherchait à soulager sa douleur par les lettres qu’il écrivait souvent à ceux qu’il avait quitté, et par les réponses qu’il en recevait ; mais cette consolation était trop légère pour le contenter. Cet état violent le portait à désirer encore davantage ce jour heureux, auquel Dieu devait faire finir tous ces travaux, en le retirant entièrement du monde. Il fût enfin exaucé . Une dernière maladie acheva de l’éprouver et de le sanctifier. Il y montra de quelle patience est capable celui qui s’est toujours proposé Jésus Christ crucifié comme modèle, et qui agît par son esprit . Saint Robert mettait sa gloire dans ses infirmités et dans ses douleurs : il bénissait la main qui lui faisait accomplir dans sa chair ce qui manquait aux souffrances du Sauveur, pour me servir des termes de l’Ecriture, et enfin une si sainte vie fût couronnée par une mort aussi sainte , le 17 ou le 29 avril de l’an 1111 Il était âgé de quatre vingt trois ans .

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